💒 L’Île-d’Arz : les propriétés des deux abbayes

Saint-Georges de Rennes et Saint-Gildas de Rhuys : leurs possessions, leurs droits et la séparation représentée sur le plan parcellaire.

Le document ci-dessous est présenté dans le bon sens. Son tracé rouge est conservé tel qu’il figure sur le plan fourni.

Les biens de Saint-Georges

Les descriptions historiques attribuent à Saint-Georges de Rennes les possessions du nord et du nord-est de l’Île-d’Arz, avec des dépendances insulaires, notamment les îles Drénec.

L’aveu de 1665 énumère une métairie, des terres labourables et non labourables, des prés, des prairies, un moulin à vent, un colombier et plusieurs petites îles.

Le plan parcellaire porte une flèche « Vers Kernoël », accompagnée de la mention « maison prieurale St. Georges ».

Sources : Cartulaire de Saint-Georges, aveu de 1665, p. 382-383 ; notice historique de l’Île-d’Arz ; plan fourni.

Les biens de Saint-Gildas de Rhuys

Le prieuré Notre-Dame, dépendant de Saint-Gildas de Rhuys, possède l’autre ensemble, situé dans la partie sud de l’île.

Son implantation comprend le logis prieural proche de l’église. Le plan désigne le bâtiment de la mairie comme « maison prieurale “Rhuys” ».

Les notices historiques mentionnent pour ce prieuré des terres, des revenus, un moulin et des droits de dîme. La propriété foncière, les droits seigneuriaux et les droits religieux doivent être distingués.

Sources : Notice sur la paroisse d’Arz et ses deux prieurés ; Joseph Danigo, « L’Île d’Arz », p. 104-105 ; plan fourni.

Un partage qui a évolué

Le cartulaire publie la donation par Alain III d’une moitié de l’île à Saint-Georges, avec les droits qui lui appartiennent. L’éditeur situe cet acte vers 1034.

Une notice historique rapporte une transaction antérieure à 1540, comprenant une cession de terres de Notre-Dame à Saint-Georges et un accord sur les dîmes. Elle indique que le territoire relevant de Notre-Dame fut réduit au tiers de l’île.

La séparation du plan doit être lue pour la période qu’il représente, et ne doit pas être appliquée automatiquement au partage initial du XIᵉ siècle.

Sources : Cartulaire, charte XIV, p. 111-112 ; notice historique sur la paroisse d’Arz .

Le plan parcellaire et la frontière séparative

Trait rouge : séparation entre les deux prieurés, telle qu’elle figure sur le document fourni.

Plan parcellaire de l’Île-d’Arz : limite rouge entre les deux prieurés, depuis le secteur de l’étang du moulin de Berno jusqu’à la fontaine Varia, avec les repères de La Gaya, de la croix Salludo et de la Croix Neuve.

Datation portée par le document : sa légende situe la limite « dès la fin du XVIIᵉ siècle ». Cette indication concerne la limite représentée ; elle ne donne pas, à elle seule, la date de réalisation du plan.

Source cartographique : Kernoël en Île d’Arz, de Gérard Kuhn de Chizelle.

Les repères de la séparation

Le plan situe la limite à l’aide de plusieurs repères : l’étang du moulin de Berno, la fontaine Lagayo, dite La Gaya, les emplacements de l’ancienne croix Salludo et de l’ancienne Croix Neuve, puis la fontaine Varia, dite Maria.

Ces indications permettent de suivre la séparation rouge dans le parcellaire et de la rapprocher des chemins et des lieux nommés.

Les graphies de ces noms sont reprises du document. Elles peuvent différer des appellations actuelles.

Source : plan parcellaire fourni, remis à l’endroit sans modification de son contenu.

Rentes, récoltes et justice

Pour Saint-Georges, l’aveu de 1665 mentionne des rentes, des lods et ventes et un terrage : une gerbe sur six et, dans certains endroits, une gerbe sur trois.

Les lods et ventes sont liés à certaines mutations foncières. Le terrage est un prélèvement sur les récoltes ; il ne désigne pas ici un droit de mouture.

Le même aveu décrit une juridiction exercée chaque samedi « à l’issue du présidial de Vannes ». Ces droits ne signifient pas que l’abbaye exploite directement toutes les terres de son fief.

Source : Cartulaire de Saint-Georges, aveu de 1665, p. 383 .

La portée du document

La légende du plan indique en rouge une limite entre les deux prieurés dès la fin du XVIIᵉ siècle. Les détails du parcellaire et les repères nommés apportent une information plus précise qu’un simple partage nord-sud.

Le document est reproduit d’après l’ouvrage Kernoël en Île d’Arz de Gérard Kuhn de Chizelle. L’auteur du dessin, sa date de réalisation et sa référence complète restent à préciser.

Pour établir une limite sur un fond cadastral actuel, il faudrait encore confronter ce plan aux actes et aux parcelles correspondantes.

Source : légende et annotations du plan parcellaire fourni.

Références : plan parcellaire fourni, reproduit d’après Gérard Kuhn de Chizelle, Kernoël en Île d’Arz ; Paul de La Bigne Villeneuve, Cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges de Rennes, Rennes, 1876 ; Joseph Danigo, Cahiers de l’UMIVEM, nos 40-41, 1988-1989 ; notices historiques d’InfoBretagne.

Cette présentation distingue les biens directement détenus, les fiefs, les prélèvements et les juridictions des deux établissements.