⛪ L’Île-d’Arz dans le cartulaire de Saint-Georges de Rennes
Donations ducales, prieuré, justice, domaine agricole, moulin et redevances : les informations relatives à l’île relevées dans l’ouvrage publié en 1876.
Une lecture des documents historiques, avec des références aux pages de l’édition originale et une distinction entre ce que les textes attestent et ce qu’ils ne permettent pas de préciser.
📖 Qu’est-ce qu’un cartulaire ?
Un cartulaire est un recueil dans lequel une abbaye, une église ou une autre institution fait copier les actes qui établissent ses possessions, ses donations, ses droits et ses privilèges.
Il sert à conserver la mémoire de ces titres et à les produire pour défendre les droits de l’établissement. Il peut réunir des actes de différentes époques : la date d’un acte n’est donc pas nécessairement celle de sa copie.
Les informations présentées ici proviennent du cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges de Rennes et des documents complémentaires publiés avec lui.
Source : Avant-propos, p. 1-7
📚 L’ouvrage utilisé
Paul de La Bigne Villeneuve, Cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges de Rennes, Rennes, imprimerie de C. Catel et Cie, 1876.
L’ouvrage rassemble une introduction historique, les chartes du cartulaire, un appendice documentaire, un aveu de 1665, un catalogue des abbesses et des pièces complémentaires.
Cette page reprend uniquement les informations relatives à l’Île-d’Arz relevées dans le texte fourni. Les numéros de page renvoient à la pagination imprimée de l’ouvrage.
Source : Consulter l’ouvrage numérisé
📜 Vers 1034 — La donation ducale
Le duc Alain III de Bretagne donne à l’abbaye de Saint-Georges de Rennes la moitié de l’Île-d’Arz, appelée Art dans la charte.
La donation est consentie à perpétuité aux religieuses, avec les droits et les redevances qui appartiennent au duc sur cette moitié de l’île.
L’acte est placé par l’éditeur vers 1034. Il prévoit une sanction d’excommunication contre ceux qui s’opposeraient à la donation.
Source : Charte XIV, p. 111-112
⛪ Deux abbayes se partagent l’île
Selon l’ouvrage, Saint-Georges de Rennes possède une moitié de l’île, tandis que Saint-Gildas de Rhuys possède l’autre.
Le prieuré dépendant de Saint-Georges est désigné sous le titre de Notre-Dame en l’Île-d’Arz.
Les actes de confirmation mentionnent la moitié de l’île et de sa paroisse. Les passages relevés ne permettent pas de tracer les limites géographiques de ces deux ensembles.
Sources : P. 226 et 474 ; bulles, p. 169 et 173
🕊️ 1164 à 1442 — Les confirmations
Les possessions de Saint-Georges comprennent « la moitié de l’île d’Arz et la moitié de la paroisse de cette même île ».
Ces droits figurent dans les bulles du pape Alexandre III, en 1164, puis d’Innocent III, le 22 avril 1208.
Ils sont de nouveau rappelés dans une bulle d’Eugène IV, en 1442. Ces textes attestent la continuité des droits reconnus à l’abbaye.
Sources : P. 167-175 et 278-280
⚖️ 1251 — Une justice relevant de l’abbaye
En février 1251, selon la datation de l’ouvrage, Pierre, dit Prior, sénéchal du comte en Broërec, vient à Arz à la demande de l’abbesse Agnès d’Erbrée et de la prieure.
Le litige oppose Raginald et Jean, deux hommes relevant de l’abbaye, au prêtre d’Illur.
Le sénéchal précise qu’il intervient pour donner conseil, sans exercer dans cette affaire une juridiction attachée à sa fonction. Le jugement relève de la cour de l’abbesse ou de la prieure.
Source : Appendice, acte XXXII, p. 226
🔄 1415 — Un échange de prieurés
Une bulle du concile de Constance, datée du 17 août 1415, règle des difficultés concernant la permutation des prieurés d’Arz et de Tinténiac.
Les religieuses concernées sont Guillemette de la Morinaye et Marguerite de Mathefelon, toutes deux de Saint-Georges.
La permutation concerne un échange de bénéfices ou de charges ; elle ne signifie pas que les bâtiments des prieurés ont été déplacés.
Source : Catalogue des abbesses, p. 408
🏡 1665 — Les biens du prieuré
Dans l’aveu rendu au roi par l’abbesse Magdelaine de La Fayette, le prieuré d’Arz est un membre de l’abbaye rattaché à la mense conventuelle, c’est-à-dire aux biens et revenus affectés à la communauté.
Il comprend une métairie, des terres labourables et non labourables, des prés, des prairies, un moulin à vent, un colombier et plusieurs petites îles environnantes.
L’aveu mentionne aussi une chapellenie Notre-Dame, dont l’abbesse possède le droit de présenter le titulaire.
Source : Aveu de 1665, p. 382-383
🌾 1665 — Rentes et prélèvements
L’abbaye possède des fiefs, une juridiction, des rentes et des lods et ventes, droits perçus lors de certaines mutations foncières.
Le terrage, prélèvement seigneurial sur les récoltes, est fixé à une gerbe sur six et, dans certains endroits, à une gerbe sur trois. Le texte l’étend à toutes sortes de céréales.
Les droits et rentes du prieuré s’étendent également vers Rhuys. La juridiction s’exerce chaque samedi, selon la formule de l’aveu, « à l’issue du présidial de Vannes ».
Source : Aveu de 1665, p. 383
🪙 Au début de la Révolution — Les revenus
La déclaration des revenus et charges de l’abbaye évalue à 2 000 livres un ensemble comprenant des droits de juridiction, des moulins, des domaines, des champarts et des rentes à Arz et Sarzeau, ainsi que la moitié des dîmes d’Illur.
Cette somme ne représente donc pas les seuls revenus de l’Île-d’Arz.
Au titre de ses charges, l’abbaye déclare 525 livres pour le recteur et le curé de l’Île-d’Arz.
🏝️ Les liens avec Illur
Illur apparaît dans le litige de 1251 par l’intermédiaire de son prêtre, opposé à deux hommes relevant de Saint-Georges.
La déclaration des revenus mentionne également la moitié des dîmes d’Illur, sous la graphie ancienne Illeur.
L’index géographique présente Illur comme une petite île située au sud d’Arz et appartenant, à l’époque de publication de l’ouvrage, à la commune de l’Île-d’Arz.
Sources : P. 226, 467 et 490
🌬️ Ce que le texte dit du moulin
L’aveu de 1665 atteste expressément un moulin à vent parmi les biens du prieuré d’Arz.
Le passage ne donne ni son nom, ni son emplacement précis, ni sa date de construction, ni les noms de ses meuniers.
Il ne suffit donc pas, à lui seul, à identifier ce moulin à celui de Béluré. Le terrage décrit dans l’aveu est une redevance agricole : ce passage ne le présente pas comme un droit de mouture.
Source : Aveu de 1665, p. 383
