Jules Le Falher — Le Royaume de Bignan, 1789–1805

Une étude sur la chouannerie morbihannaise publiée en 1913 , particulièrement utile pour l’histoire de Bignan, de Pierre Guillemot et des communes du centre du Morbihan.

Présentation du livre, sommaire commenté des cinq parties, repères pour les recherches locales, appréciation historique et liens vers l’édition originale.

📖 Le livre et son édition

Hennebont, 1913 — Un volume

Jules Le Falher, Le Royaume de Bignan, 1789–1805. Étude sur la chouannerie morbihannaise , Hennebont, imprimerie Ch. Normand, 1913.

Le compte rendu de 1913 décrit un volume de VIII–842 pages. Le titre et la date ont été vérifiés sur la page de titre de l’exemplaire numérisé.

Le fichier de la bibliothèque IDBE porte « 1789–1815 » dans son nom ; le livre lui-même porte bien 1789–1805.

✍️ Jules Le Falher, l’auteur

Un historien écrivant après les événements

Le Falher travaille plus d’un siècle après les faits. Son livre est une enquête historique locale, à distinguer des souvenirs personnels d’un combattant.

Henri Sée souligne son exploitation des Archives du Morbihan et des Archives nationales , notamment la série F7.

La bibliographie, les pièces justificatives et les nombreuses références permettent au lecteur d’examiner les fondements du récit.

🗺️ Que désigne le « royaume » de Bignan ?

Un territoire d’étude autour de Bignan

Le titre désigne un ensemble de paroisses du centre du Morbihan, et non un royaume constitué. Henri Sée situe le territoire étudié dans vingt-six paroisses du sud-ouest de l’arrondissement de Ploërmel.

Pierre Guillemot occupe une place centrale dans cette histoire. Les événements relient Bignan à Josselin, Locminé et aux communes voisines.

L’enquête étudie aussi les prêtres, les municipalités, la propriété, les réquisitions et les divisions de la société rurale.

📚 I — En marche vers l’insurrection

Chapitres I à XXIV — À partir de la page 5

La première partie part du pays de Bignan et des cahiers de doléances de 1789. Elle suit les élections, les nouvelles administrations et les premiers conflits de la Révolution.

Une large place est consacrée à la Constitution civile du clergé, aux serments, aux prêtres réfractaires, aux arrestations et aux mesures prises contre les communautés religieuses.

Le récit aborde ensuite les troubles de 1792–1793, la transformation de la propriété, la Terreur et la présence de Vendéens en fuite, jusqu’au début de 1794.

Repères : cahiers de doléances, p. 11 ; clergé et biens ecclésiastiques, p. 57 ; propriété, p. 225 ; mars 1793, p. 241.

⚔️ II — Le premier chouannage

Chapitres XXV à XXXIV — À partir de la page 337

Cette partie étudie Pierre Guillemot, les Vendéens présents à Bignan, Mangolérian et l’organisation des premiers rassemblements royalistes.

Elle suit les opérations locales, les tentatives de négociation, la Mabilais et l’expédition de Quiberon en 1795, puis les derniers épisodes du premier chouannage.

Les administrations et les prisons de Josselin accompagnent le récit militaire : l’auteur s’intéresse aux deux camps et à leur implantation dans le pays.

Repères : Guillemot et Mangolérian, p. 337 ; organisation et Collédo, p. 391 ; Mabilais, p. 443 ; Quiberon, p. 463.

🕯️ III — Entre-chouannages

Chapitres XXXV à XXXVII — Pages 523 à 600

Le titre donné par l’auteur à cette troisième partie est « Entre-Chouannages ». Elle couvre les années V, VI et VII du calendrier républicain.

Le livre décrit le pays après la paix de 1796, les prêtres, le sort de Guillemot, les chouans soumis, les déserteurs et les difficultés persistantes de l’administration.

Le 18 fructidor, les nouvelles poursuites religieuses et les violences de la fin du Directoire permettent de comprendre la reprise de l’insurrection de 1799.

🔥 IV — Le second chouannage

Chapitres XXXVIII et XXXIX — Pages 601 à 640

La quatrième partie porte sur l’an VIII : réorganisation chouanne, réunions, opérations militaires et nouvelle tentative de pacification.

Les entrées de la table mentionnent notamment la prise de Locminé, les combats de Guéhenno, le secteur de Josselin et l’affrontement d’Hédouville et des royalistes.

La fin de cette partie suit les négociations puis les opérations autour de Grand-Champ et de la Villeneuve, jusqu’à la pacification du début de 1800.

🏛️ V — Arrière-chouannage

Chapitres XL à XLIV — Pages 641 à 726

Cette dernière partie suit le royaume de Bignan après la pacification : déplacements de Guillemot, poursuites, tensions locales et surveillance administrative.

Le Concordat et la réorganisation ecclésiastique de 1802 sont étudiés avec les difficultés de leur application dans le pays.

Les derniers chapitres conduisent au retour de Guillemot dans le Morbihan en 1804, à son arrestation, à son procès et à sa mort en 1805. La conclusion commence p. 727.

🗂️ Les documents et outils de recherche

Pièces justificatives à partir de la page 731

Les annexes donnent accès à des cahiers de doléances, des lettres, des listes de personnes, des interrogatoires et des documents administratifs.

On y trouve notamment des listes d’émigrés, de biens saisis, de prêtres détenus, de jeunes chouans et de familles de chouans désignées comme otages.

Un dictionnaire biographique complète le volume. Ces documents servent à vérifier les noms, les parcours et les liens entre communes, au-delà du seul récit des combats.

📍 Bignan et Pierre Guillemot

Entrées conseillées pour une recherche locale

Pour suivre Guillemot, commencer par le chapitre XXV, p. 337, puis les chapitres sur l’organisation chouanne et les négociations de 1795.

La cinquième partie et le chapitre XLIV, p. 699, permettent d’étudier la fin de son parcours. Une annexe présente un tableau généalogique, p. 790.

L’inventaire de sa propriété de Kerdel, p. 798, apporte un éclairage matériel utile pour replacer le chef chouan dans son milieu familial et rural.

📍 Saint-Allouestre et les communes voisines

Partir des cahiers et des personnes

L’annexe du chapitre II rassemble les cahiers de plaintes et doléances du royaume de Bignan , à partir de la p. 731.

Pour Saint-Allouestre, Bignan, Buléon ou les communes voisines, comparer les doléances, les noms des signataires et les événements racontés dans les chapitres correspondants.

Cette lecture permet de distinguer les revendications de 1789 des positions prises plus tard pendant la chouannerie. Les solidarités locales ne se résument pas à une appartenance politique immuable.

📍 Locminé, le Collédo et Josselin

Des opérations militaires aux archives judiciaires

Le chapitre XXVIII, p. 391, comprend l’organisation du premier chouannage et l’affaire du Collédo du 7 septembre 1794.

Pour Locminé, consulter notamment le chapitre XXXVIII, p. 601, qui traite de l’an VIII et de la prise de la ville.

Josselin revient dans les chapitres sur les administrations, les prisons et les poursuites. Les annexes des chapitres XXVI et XXVII donnent des listes et des interrogatoires, à partir de la p. 790.

🔎 Est-ce un ouvrage historique sérieux ?

Une référence documentaire à lire avec recul

Oui, pour l’histoire locale de la chouannerie autour de Bignan. Dès 1913, Henri Sée reconnaît le sérieux de l’enquête et de sa méthode.

Il relève les sympathies royalistes de l’auteur, mais distingue cette orientation du soin apporté à l’établissement des faits. Il regrette surtout un récit parfois alourdi par l’accumulation des preuves et une synthèse insuffisamment dégagée.

Pour une étude actuelle, confronter les interprétations du livre aux documents cités et aux travaux historiques plus récents.

⚖️ Domaine public : vérification à compléter

L’édition de 1913 ne suffit pas à conclure

La date de décès de Jules Le Falher n’a pas pu être établie avec certitude dans les sources consultées. Il serait donc prématuré d’afficher ici « ouvrage libre de droits ».

En France, la règle générale de l’article L123-1 protège les droits patrimoniaux pendant la vie de l’auteur, puis l’année de son décès et les soixante-dix années suivantes.

La présence d’un exemplaire numérisé en ligne ne prouve pas, à elle seule, la liberté de le republier intégralement. La présente page propose une synthèse originale et des liens de consultation.

📥 Consulter le livre et contrôler les références

Édition originale numérisée et sources critiques

Le PDF de l’édition de 1913 est accessible dans la bibliothèque de l’Institut de documentation bretonne et européenne. Le fichier est volumineux : environ 73 Mo.

Le scan présente généralement deux pages imprimées par vue. Les numéros de pages cités dans les cartes sont ceux du livre ; ils diffèrent du compteur du lecteur PDF.

Les cartes résument les cinq parties et plusieurs annexes à partir de la table des matières. Elles ne reproduisent pas la liste exhaustive des quarante-quatre chapitres.