⚜️ La Chouannerie : étapes chronologiques et principaux faits
Des tensions religieuses et politiques de la Révolution aux derniers soulèvements royalistes : les principaux repères pour comprendre la succession des événements.
Cette chronologie privilégie la Bretagne et le Morbihan, tout en replaçant les faits dans l’histoire de l’Ouest.
📜 1790–1793 — Les origines de l’insurrection
Les oppositions religieuses, les réseaux royalistes et le refus du recrutement militaire contribuent progressivement à la rupture.
⛪ 1790–1791 — La fracture religieuse
La Constitution civile du clergé et le serment demandé aux ecclésiastiques divisent les communautés.
Dans le Morbihan, la défense des prêtres réfractaires nourrit les premières résistances. Les conflits religieux se mêlent aux tensions politiques et sociales.
🕸️ 1791–1792 — L’Association bretonne
Armand Tuffin de La Rouërie organise un réseau royaliste clandestin.
Cette organisation prépare une opposition à la Révolution. Elle précède la Chouannerie, sans constituer encore une armée insurgée unifiée.
👥 Février–mars 1793 — La levée d’hommes
La décision de lever 300 000 hommes provoque des résistances dans l’Ouest.
En mars, des soulèvements éclatent dans le Morbihan. Le refus de partir à la guerre rejoint les oppositions religieuses et les mécontentements locaux.
🌳 1793–printemps 1795 — La formation des forces chouannes
Les insurrections locales se prolongent par une guerre de bandes, avec des rythmes différents selon les régions.
🗺️ 1793–1794 — Une guerre dispersée
La Chouannerie se développe en Bretagne et dans le Maine, puis en Normandie.
Les bandes privilégient les embuscades et les déplacements rapides. Ce mouvement est lié à la guerre de Vendée, mais possède sa propre géographie et ses formes de combat.
⚔️ 1794 — Pierre Guillemot et Bignan
Pierre Guillemot devient un acteur majeur de l’insurrection dans le pays de Bignan.
La notice de l’Office de tourisme situe son soulèvement local en mars 1794. Sa légion s’insère dans la Chouannerie morbihannaise, aux côtés des forces de Cadoudal.
🤝 19 avril 1795 — La Mabilais
Le traité de La Mabilais marque une première tentative de pacification.
Une partie des chefs accepte l’accord. Cette paix demeure fragile : les divisions royalistes et les projets d’intervention extérieure entretiennent la possibilité d’une reprise.
🌊 Été 1795–1796 — Quiberon et la pacification
Le débarquement des émigrés transforme les perspectives militaires, puis son échec affaiblit le camp royaliste.
⛵ 27 juin 1795 — Le débarquement
Des troupes royalistes transportées par la flotte britannique débarquent sur la plage de Carnac, en baie de Quiberon.
Des milliers de Chouans les rejoignent. Les désaccords entre les chefs et les difficultés de coordination permettent à Hoche d’organiser la réaction républicaine.
🏰 21 juillet 1795 — Le désastre royaliste
L’assaut républicain entraîne la défaite de l’expédition dans la presqu’île de Quiberon.
Certains combattants s’échappent par mer ; beaucoup sont capturés. Des commissions militaires condamnent ensuite de nombreux prisonniers à mort.
Cette défaite ne met pas immédiatement fin aux opérations chouannes.
🕊️ 1796 — La pacification de Hoche
Hoche associe pression militaire et négociations.
La plupart des principaux chefs se soumettent. Les grandes opérations diminuent, sans faire disparaître les réseaux royalistes.
📚 Source :
🔥 1799–1805 — Reprise des armes et répression consulaire
La nouvelle insurrection est suivie d’une pacification, puis de la poursuite des chefs qui maintiennent la lutte.
⚜️ Automne 1799 — Une nouvelle insurrection
Les royalistes reprennent les armes dans l’Ouest.
L’arrivée de Bonaparte au pouvoir, en novembre, ouvre une nouvelle phase de négociations et d’opérations militaires.
🛡️ Janvier–février 1800 — La soumission des chefs
Brune prend le commandement de l’armée de l’Ouest en janvier.
Les opérations et les négociations conduisent à la soumission de plusieurs chefs, dont Cadoudal à Beauregard, près de Vannes, en février.
Les sources consultées donnent des dates différentes pour cet accord ; le mois est retenu ici.
🕯️ 1804–1805 — Cadoudal et Guillemot
La pacification n’entraîne pas le ralliement de tous les royalistes.
Après une conspiration contre Bonaparte, Georges Cadoudal est exécuté à Paris le 25 juin 1804.
Pierre Guillemot est fusillé à Vannes le 5 janvier 1805, après son arrestation et son jugement par une commission militaire.
📅 1815–1832 — Les reprises royalistes
Ces soulèvements prolongent des fidélités et des réseaux anciens, dans des contextes politiques nouveaux.
🎓 Printemps 1815 — La Petite Chouannerie
Le retour de Napoléon pendant les Cent-Jours provoque une nouvelle mobilisation royaliste.
Dans le Morbihan, Louis de Sol de Grisolles dirige les insurgés. La crainte de nouveaux recrutements militaires favorise les engagements.
Des collégiens de Vannes participent également à cette campagne.
⚔️ Juin–juillet 1815 — Auray et le retour du roi
Le 21 juin, les forces impériales de Bigarré battent les royalistes à Auray.
Mais Waterloo et l’abdication de Napoléon inversent la situation politique.
Les royalistes défilent à Vannes le 22 juillet. Un banquet de réconciliation réunit ensuite d’anciens adversaires.
👑 1832 — Le soulèvement légitimiste
Après la révolution de 1830, les légitimistes refusent la monarchie de Louis-Philippe.
La duchesse de Berry tente de soulever l’Ouest en faveur de son fils, le duc de Bordeaux, appelé « Henri V » par ses partisans.
La tentative de juin échoue rapidement. Réfugiée à Nantes, elle est arrêtée en novembre.
🧭 Comment lire cette chronologie ?
Plusieurs phases : les historiens distinguent généralement les campagnes de 1793–1795, de 1795–1796 et de 1799–1800, puis les reprises de 1815 et de 1832. Les limites précises varient selon les régions et les ouvrages.
Des adversaires différents : les insurgés combattent la République pendant la Révolution, le pouvoir napoléonien sous le Consulat et pendant les Cent-Jours, puis la monarchie de Juillet en 1832.
Une sélection de repères : cette page présente les grandes étapes. Elle ne constitue pas un inventaire de tous les combats, des violences locales ou des parcours individuels.
🔎 Poursuivre les recherches dans les archives
Les rapports administratifs et militaires, les procédures judiciaires, les correspondances et les dossiers de pensions permettent de vérifier les événements et les parcours individuels.
Pour le Morbihan, la série L concerne notamment la période révolutionnaire. Les dossiers de pensions des anciens soldats des armées royales de l’Ouest, constitués sous la Restauration, se trouvent notamment dans la sous-série 3 R.
Les mémoires royalistes et les récits rétrospectifs gagnent à être confrontés aux documents contemporains des faits.
