Histoire des guerres de l’Ouest — ThĂ©odore Muret

Tome II de l’édition de 1848 : la VendĂ©e de la fin de 1793 Ă  la pacification de 1796, des colonnes infernales aux derniĂšres campagnes de Charette et de Stofflet.

Le titre gĂ©nĂ©ral VendĂ©e, chouannerie (1792-1815) dĂ©signe une Ɠuvre en cinq volumes. Cette Ă©tude prĂ©sente le contenu du deuxiĂšme tome original, ses documents, son regard royaliste et son intĂ©rĂȘt pour l’histoire de l’Ouest.

Les rĂ©fĂ©rences et les liens de consultation figurent au bas des cartes. La pagination indiquĂ©e correspond aux pages imprimĂ©es de l’édition de 1848.

📖 L’ouvrage et l’édition originale

ThĂ©odore Muret — Paris, 1848

Histoire des guerres de l’Ouest : VendĂ©e, chouannerie (1792-1815) paraĂźt en 1848, Ă  Paris, chez Édouard Proux et Dentu.

L’édition originale comprend cinq volumes. La prĂ©sente Ă©tude porte sur le tome deuxiĂšme, dĂ©signĂ© par « V2 » dans certaines rĂ©fĂ©rences commerciales.

Ce volume constitue une histoire de la guerre vendĂ©enne Ă  partir de la fin de 1793, poursuivie jusqu’à la pacification de 1796.

đŸȘ¶ Qui est ThĂ©odore Muret ?

1808-1866 : journaliste, écrivain et historien

Théodore César Muret naßt à Rouen le 24 janvier 1808 et meurt le 23 juillet 1866 à Soisy-sous-Montmorency. La BnF le présente comme auteur dramatique, poÚte, historien et essayiste, avocat puis journaliste.

Son parcours est liĂ© au lĂ©gitimisme, favorable Ă  la branche aĂźnĂ©e des Bourbons. Il publie plusieurs ouvrages consacrĂ©s Ă  des figures et Ă  des Ă©pisodes des guerres de l’Ouest.

NĂ© aprĂšs les Ă©vĂ©nements de 1793-1796, il n’en est pas un tĂ©moin direct. Il les reconstruit Ă  partir des rĂ©cits et documents Ă  sa disposition.

📚 « 1792-1815 » : la portĂ©e du titre

Distinguer l’ensemble de l’Ɠuvre et le tome II

Les dates 1792-1815 appartiennent au titre général de la collection. Elles ne décrivent pas à elles seules la période traitée dans chaque volume.

Le tome II original comporte dix-sept chapitres, puis des piÚces justificatives et une table. Son récit principal va de la Basse-Vendée à la fin de 1793 aux soumissions de 1796.

Il ne faut donc pas attendre de ce seul tome une histoire complĂšte de la chouannerie bretonne, du Consulat et de la campagne de 1815.

đŸ—“ïž 1848 et les rĂ©impressions

La date du texte et celle de l’exemplaire

La mention « (1848) » dans un titre commercial peut renvoyer Ă  l’édition reproduite. Elle ne signifie pas nĂ©cessairement que l’exemplaire proposĂ© a Ă©tĂ© imprimĂ© en 1848.

La BnF dĂ©crit notamment une rĂ©impression en fac-similĂ© publiĂ©e par Laffitte en 1979. D’autres Ă©ditions prĂ©sentent une pagination matĂ©rielle diffĂ©rente.

Les repĂšres donnĂ©s ici suivent les pages imprimĂ©es du tome II de 1848 : rĂ©cit jusqu’à la page 438, piĂšces justificatives Ă  partir de la page 439, table aux pages 449-451.

🧭 Le parcours du tome II

Trois grands mouvements de lecture

Fin de 1793 et année 1794 : Charette, Noirmoutier, la politique de Turreau, les destructions et la reconstitution des forces vendéennes.

1795 : les nĂ©gociations, la paix de La Jaunaye, l’accord de Saint-Florent, puis la reprise des armes et les espoirs d’intervention extĂ©rieure.

1796 : les derniÚres opérations, la mort de Stofflet et de Charette, les tentatives de diversion et les soumissions.

đŸïž Charette, Noirmoutier et Bouin

Chapitre I — à partir de la page 1

Le tome s’ouvre par un retour sur la Basse-VendĂ©e pendant que la Grande ArmĂ©e mĂšne sa campagne au-delĂ  de la Loire.

Muret raconte la prise de Noirmoutier par Charette, la mission de La Roberie en Angleterre, l’encerclement Ă  Bouin et la retraite du chef vendĂ©en. Il suit ensuite les mouvements vers la Haute-VendĂ©e et Machecoul.

Ce dĂ©but montre que plusieurs campagnes se dĂ©roulent simultanĂ©ment. Pour comprendre le rĂ©cit, il faut distinguer les territoires de Charette de ceux de l’armĂ©e passĂ©e au nord de la Loire.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre I, p. 1-28

⚔ La reprise rĂ©publicaine de Noirmoutier

Chapitre II — à partir de la page 29

Le deuxiĂšme chapitre traite de la nomination de Turreau, de la reprise de Noirmoutier par les rĂ©publicains et de la mort de d’ElbĂ©e.

Muret insiste sur le sort des prisonniers aprÚs la reddition et sur les violences qui suivent les opérations militaires. Il poursuit avec les combats de Charette et les préparatifs de Turreau.

À distinguer : le dĂ©roulement du combat, les conditions de la reddition, les dĂ©cisions concernant les captifs et les apprĂ©ciations de l’historien.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre II, p. 29-52

đŸ”„ Les colonnes infernales

Chapitres II Ă  IV : plan, rapports et effets

La politique de Turreau occupe une place majeure dans cette partie. Muret présente le plan des colonnes, reproduit des rapports et décrit les destructions et les violences contre les habitants.

Il cite aussi les plaintes d’autoritĂ©s patriotes. Son rĂ©cit fait donc apparaĂźtre des dĂ©saccords au sein du camp rĂ©publicain sur les moyens employĂ©s.

Pour une étude historique, il faut revenir aux documents cités et distinguer les ordres, leur application locale et les responsabilités que Muret leur attribue.

đŸŒŸ Les habitants dans la guerre

Chapitre VIII — la guerre de la moisson

Le chapitre VIII associe les combats aux travaux agricoles et aux refuges forestiers. La guerre se lit aussi dans les difficultĂ©s de subsistance, les dĂ©placements et la recherche d’abris.

La moisson constitue un enjeu pratique : les combattants et leurs familles doivent vivre, tandis que les opĂ©rations perturbent les cultures et l’approvisionnement.

IntĂ©rĂȘt du passage : sortir d’une lecture limitĂ©e aux chefs et aux batailles pour observer les conditions qui permettent de continuer, ou imposent d’interrompre, la lutte.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre VIII, p. 180-201

đŸ›Ąïž La reconstitution des forces vendĂ©ennes

1794 : rassemblements et nouvelles opérations

Muret suit les rassemblements qui se reforment malgrĂ© les destructions. Les chapitres III Ă  VII prĂ©sentent les derniers combats de La Rochejaquelein, l’action de Stofflet, les opĂ©rations de Charette et le retour de Marigny.

Le rĂ©cit montre une guerre faite d’engagements locaux, de regroupements et de sĂ©parations. Les forces disponibles changent avec les territoires et les circonstances.

Il faut garder ces variations en tĂȘte lorsque l’auteur Ă©voque une « armĂ©e » : le mot ne suppose pas un effectif permanent ni une prĂ©sence continue de tous les combattants.

⚖ Les divisions entre chefs royalistes

Chapitres VI et VII — l’affaire Marigny

La réunion des chefs à la Boulaye, les décisions prises en commun, la rupture avec Marigny et sa condamnation constituent un ensemble important du récit.

Muret ne décrit donc pas un camp royaliste parfaitement uni. Il rapporte des rivalités personnelles, des conflits de commandement et des désaccords sur les opérations.

Enjeu de lecture : comprendre comment ces divisions affectent les possibilitĂ©s d’action commune, sans rĂ©duire toute l’histoire militaire Ă  des querelles entre individus.

đŸ›ïž Gouverner un territoire insurgĂ©

Chapitre IX — institutions, ressources et autoritĂ©

Le chapitre IX aborde le gouvernement et les institutions de Charette, les rapports avec Stofflet, l’affaire du papier-monnaie et l’arrĂȘtĂ© de Beaurepaire.

Ces dĂ©veloppements permettent d’étudier les armĂ©es vendĂ©ennes comme des organisations qui doivent administrer, mobiliser et trouver des ressources.

La guerre ne se limite ainsi pas aux déplacements des troupes : elle implique des rÚgles, des moyens financiers et la capacité de faire reconnaßtre une autorité dans les paroisses.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre IX, p. 202-225

đŸ€ La paix de La Jaunaye

Chapitre X — à partir de la page 226

Muret retrace les premiÚres démarches, le rÎle de Madame Gasnier-Chambon, les conférences et la conclusion de la paix.

Il raconte Ă©galement les rĂ©sistances rencontrĂ©es dans l’armĂ©e de Charette et l’entrĂ©e du chef vendĂ©en Ă  Nantes. La dĂ©cision d’un commandant ne suffit donc pas Ă  obtenir immĂ©diatement l’accord de tous ses hommes.

Pour replacer cette lecture de 1848 dans les recherches ultĂ©rieures, l’étude de Jean-ClĂ©ment Martin examine les conditions du compromis de fĂ©vrier 1795 et les difficultĂ©s de son application.

📜 Stofflet et la paix de Saint-Florent

Chapitre XI — à partir de la page 254

Le chapitre XI commence par l’opposition de Stofflet Ă  la paix. Muret suit l’entrĂ©e des forces rĂ©publicaines sur son territoire, les combats de Chalonnes et de Saint-Florent et les tensions avec Sapinaud.

Le rĂ©cit aboutit Ă  l’accord signĂ© par Stofflet Ă  Saint-Florent. Les diffĂ©rentes composantes de l’insurrection ne nĂ©gocient donc pas toutes au mĂȘme moment.

À retenir : une pacification locale ne doit pas ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme la soumission simultanĂ©e et gĂ©nĂ©rale de toutes les armĂ©es vendĂ©ennes.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre XI, p. 254-272

✉ La reprise des armes en 1795

Chapitres XII et XIII — politique et opĂ©rations

Muret associe la reprise de la guerre aux échanges avec les princes, aux démarches des intermédiaires royalistes et aux tensions persistantes de la pacification.

Il aborde la mort de Louis XVII, le manifeste de Charette, les missions Ă  Paris, l’arrivĂ©e de secours matĂ©riels anglais et les lettres de Louis XVIII.

Il faut distinguer les faits rapportĂ©s des intentions reconstruites par l’auteur. Pour expliquer la rupture de la paix, les textes des accords et les correspondances doivent ĂȘtre comparĂ©s.

⚓ Le comte d’Artois à l’üle d’Yeu

Chapitre XIV — à partir de la page 319

L’arrivĂ©e de l’expĂ©dition anglaise, le sĂ©jour du comte d’Artois Ă  l’üle d’Yeu et son dĂ©part pour l’Angleterre occupent le chapitre XIV.

Muret examine les espoirs placĂ©s dans cette prĂ©sence princiĂšre et les consĂ©quences de l’absence de dĂ©barquement sur le continent.

Cet Ă©pisode Ă©claire la dĂ©pendance des insurgĂ©s envers une aide extĂ©rieure dont ils ne maĂźtrisent ni les dĂ©cisions ni le calendrier. Il permet aussi d’étudier les Ă©carts entre les attentes des combattants et les choix politiques des princes.

Sources et lectures :

Tome II, chapitre XIV, p. 319-345

🧭 Hoche face aux armĂ©es vendĂ©ennes

Chapitres XIII à XVI : pression et négociation

Muret prĂ©sente Hoche, ses mĂ©thodes et les moyens employĂ©s pour affaiblir les forces royalistes. Les opĂ©rations militaires se combinent avec les propositions de paix, les contacts avec les chefs et l’action sur leurs soutiens.

Le chapitre XV suit notamment les revers de Charette, la démarche pacifique de Couëtus et la décision de Stofflet de reprendre les armes.

PrĂ©caution de lecture : Muret juge ces moyens depuis une sensibilitĂ© royaliste. Il convient de distinguer ce jugement des ordres et des faits qu’il rapporte.

đŸ•Żïž La mort de Stofflet et de Charette

Chapitre XVI — à partir de la page 377

Le chapitre XVI rĂ©unit les derniers efforts de Stofflet, sa capture et sa mort, puis la lutte finale de Charette. Il traite Ă©galement de d’Autichamp, de Vasselot et du siĂšge de Saint-Mesmin.

Muret dĂ©crit l’arrestation de Charette, son jugement et son exĂ©cution Ă  Nantes, le 29 mars 1796. Le rĂ©cit accorde une place importante au courage et Ă  la conduite du chef prisonnier.

Cette mise en scĂšne contribue Ă  la mĂ©moire hĂ©roĂŻque de Charette. Les dĂ©tails doivent ĂȘtre examinĂ©s selon leur provenance, surtout lorsqu’ils concernent des paroles ou des gestes rapportĂ©s.

đŸ•Šïž Les soumissions de 1796

Chapitre XVII — une fin de campagne, puis la surveillance

Le dernier chapitre suit les tentatives de d’Autichamp et les projets de diversion dans les provinces centrales. Il Ă©voque PhĂ©lippeaux, Sancerre et l’insurrection du Berry.

Muret termine par les dĂ©marches et soumissions de d’Autichamp, Bernier et Sapinaud, puis par un bilan de la guerre vendĂ©enne.

Les pages finales soulignent la persistance de la méfiance, des armes cachées et de la surveillance. La cessation des grandes opérations ne signifie pas, dans la lecture de Muret, une réconciliation politique.

đŸ—‚ïž Les piĂšces justificatives

Un dossier placé aprÚs le récit, dÚs la page 439

Les annexes comprennent notamment une organisation de l’armĂ©e de Charette en 1795, avec ses responsables et ses divisions territoriales.

Muret ajoute une lettre attribuĂ©e Ă  Dumouriez adressĂ©e Ă  Charette, puis un extrait de l’interrogatoire de ce dernier Ă  propos de La Jaunaye.

UtilitĂ© : ces pages permettent de retrouver des noms et d’examiner les Ă©lĂ©ments invoquĂ©s par l’auteur. La prĂ©sence d’un texte en annexe ne dispense pas d’en vĂ©rifier l’origine, la transmission et l’authenticitĂ©.

🔎 La Jaunaye : document et interprĂ©tation

Un exemple de lecture critique, page 448

Dans l’extrait d’interrogatoire reproduit Ă  la page 448, Charette rĂ©pond qu’il ne possĂ©dait pas d’articles secrets Ă©crits et Ă©voque des conjectures liĂ©es Ă  la situation politique.

Muret commente ensuite ce passage en faveur de l’existence d’assurances verbales donnĂ©es lors de la pacification.

Il faut conserver cette distinction : le contenu attribuĂ© Ă  l’interrogatoire et l’explication proposĂ©e par Muret constituent deux niveaux diffĂ©rents. Ce passage ne doit pas ĂȘtre transformĂ© en preuve d’un traitĂ© secret Ă©crit.

🧠 Le regard royaliste de Muret

Une histoire écrite avec une intention mémorielle

Le bilan des pages 437-438 cĂ©lĂšbre le courage et les souffrances des VendĂ©ens. Le vocabulaire et la construction du rĂ©cit traduisent clairement la sympathie de l’auteur pour leur cause.

Cette orientation ne rend pas chaque document cité inutilisable. Elle impose de séparer les piÚces reproduites, la sélection des épisodes et les conclusions politiques.

Muret mentionne aussi des dĂ©saccords royalistes et des actes d’humanitĂ© chez les rĂ©publicains. Sa lecture mĂ©rite donc un examen prĂ©cis, au-delĂ  d’une simple Ă©tiquette de camp.

📍 Quel intĂ©rĂȘt pour le Morbihan ?

Un éclairage comparatif sur la pacification

Le tome II original traite principalement de la Vendée militaire. Il aide à comprendre les négociations et la stratégie de Hoche, mais ne constitue pas le volume de référence pour suivre Bignan, Locminé ou les opérations de Cadoudal.

Des rééditions regroupent séparément deux tomes sur la Vendée et trois sur la chouannerie. Cette présentation peut créer une confusion entre le tome II général et le tome II de la série « Chouannerie ».

Pour une recherche morbihannaise, vĂ©rifier le titre de la sĂ©rie et la table : le volume consacrĂ© Ă  la chouannerie en 1795 contient notamment Quiberon, tandis qu’un autre poursuit jusqu’en 1815.

📚 Apport, limites et rĂ©fĂ©rence Ă  citer

Un récit du XIXe siÚcle à confronter aux documents

Son apport : un récit développé de la Vendée de 1793 à 1796, des repÚres sur les opérations, les divisions royalistes, les négociations et leurs suites.

Ses limites : une perspective royaliste, des anecdotes et des interprétations qui demandent une confrontation avec les archives et les recherches ultérieures.

RĂ©fĂ©rence : ThĂ©odore Muret, Histoire des guerres de l’Ouest : VendĂ©e, chouannerie (1792-1815), t. II, Paris, Édouard Proux et Dentu, 1848. Ajouter la page utilisĂ©e et, pour une rĂ©impression, ses rĂ©fĂ©rences propres.

Cette prĂ©sentation s’appuie sur le tome II numĂ©risĂ©, sa table, ses annexes, les notices des catalogues et des repĂšres historiographiques. Les numĂ©ros indiquent les pages imprimĂ©es de 1848.