⛵ Navires et familles de l’Île d’Arz
Nom du navire, famille propriétaire ou armateur, jauge et port d’attache : un premier inventaire historique documenté.
Deux navires identifiés à ce stade. Cette liste est partielle. Les sources consultées établissent des liens de propriété ou d’armement ; elles ne permettent pas de présenter ces bâtiments comme des navires affrétés par les familles au sens précis du terme.
⛵ Les Deux Julie
Familles Le Treste et Hémon · mention en 1872
Type : lougre.
Jauge brute : 69,68 tonneaux.
Port indiqué : Lorient.
Propriétaire : Armelle Le Treste, veuve de Jean-Marie Hémon, domiciliée à Gréavo, sur l’Île d’Arz.
Michel Perrin inscrit ce bâtiment dans son tableau des caboteurs appartenant à un propriétaire unique. Le lien avec l’île repose ici sur le domicile explicite de sa propriétaire.
Repère de lecture : 1872 est l’année portée dans le tableau ; elle ne doit pas être interprétée comme une date de construction. La jauge nette n’y est pas renseignée.
⚓ Eugène-Gaston
Familles Laniel et Le Port · fin du XIXe siècle et début du XXe siècle
Type : brick caboteur, construit en 1875.
Jauge brute : 183,83 tonneaux.
Jauge nette : 159 tonneaux, données pour 1916.
Port d’attache : Vannes.
Propriétaires-armateurs : la notice documentaire de Rutilius mentionne Julien Joseph Marie Laniel pour la période 1886–1913, puis Jean-Louis Le Port, de l’Île d’Arz, de 1913 à la perte du bâtiment en 1916.
Qualité de la source : cette notice renvoie aux éditions du Lloyd’s Register. Les chiffres retenus sont ceux de la notice détaillée, car des messages antérieurs de la même discussion donnent une jauge différente.
📜 Armateur ou affréteur ?
Propriétaire : détient le bâtiment, seul ou avec d’autres personnes.
Armateur : organise son exploitation et son armement.
Affréteur : dispose du navire ou d’une capacité de transport dans le cadre d’un contrat d’affrètement.
Capitaine : commande le navire. Son origine ildaraise ne démontre pas que sa famille en était propriétaire ou affréteur.
Les deux notices ci-dessus sont donc présentées au titre de la propriété ou de l’armement familial attesté dans les sources citées.
🧭 Lire les jauges et les ports
La jauge exprime une capacité mesurée selon les règles de son époque. Les tonneaux de jauge ne sont pas des tonnes de cargaison.
La jauge brute et la jauge nette correspondent à des mesures distinctes. Elles restent séparées dans cet inventaire.
Le port d’attache doit aussi être distingué du domicile du propriétaire et des ports fréquentés lors des voyages.
Pour Les Deux Julie, la source distingue bien Lorient, dans la colonne « Port », et Gréavo, dans la colonne « Domicile ».
🔎 Une histoire à compléter
L’étude de Pierre Thomas-Lacroix sur les constructions et ventes de navires au XVIIIe siècle confirme l’implication des maîtres de barque dans la propriété maritime.
À la page 106, l’auteur souligne notamment la participation des familles, ainsi que la présence de matelots détenteurs de parts à l’Île d’Arz et à l’Île-aux-Moines.
Ce passage éclaire le contexte, mais ne fournit pas une liste nominative réunissant navire, jauge et port d’attache. Il ne permet donc pas d’ajouter d’autres bâtiments à cet inventaire.
Pour le compléter, les recherches doivent croiser les actes de propriété et de vente, les registres de francisation, les matricules des navires et les rôles d’armement ou de désarmement.
