📖 Georges Cadoudal et la Chouannerie

Présentation de l’ouvrage de Louis-Georges de Cadoudal, neveu du chef chouan : auteur, sommaire, documentation et valeur historique.

Cette fiche s’appuie sur l’édition originale de 1887. Les résumés du sommaire sont reformulés ; les appréciations critiques sont distinguées du point de vue de l’auteur.

📘 L’ouvrage et son édition

Georges Cadoudal et la Chouannerie paraît à Paris chez Plon en 1887. L’édition originale comporte une introduction, 22 chapitres et des pièces justificatives.

La pagination de référence est celle de cette édition : les rééditions peuvent présenter une autre mise en pages.

✍️ Un auteur à distinguer du chef chouan

L’auteur est Louis-Georges de Cadoudal (1823–1885), également désigné comme Georges de Cadoudal. La page de titre le présente comme le neveu du chef chouan.

Il ne faut donc pas attribuer ce livre à Georges Cadoudal, exécuté en 1804. Cette publication de 1887 est posthume.

🗺️ Une biographie centrée sur le Morbihan

Le parcours de Cadoudal sert de fil conducteur à une histoire militaire et politique de la chouannerie morbihannaise : Auray, Vannes, Bignan, Quiberon et les campagnes voisines occupent une place importante.

L’auteur précise dans son introduction qu’il ne propose pas une histoire générale de toutes les guerres de l’Ouest.

📚 Le sommaire expliqué

📜 Chapitres I à IV · Formation et rupture

Pages 1 à 52. Origines familiales, éducation à Auray et Vannes, crise religieuse, serment des prêtres et soulèvement de 1793.

Ces chapitres exposent l’explication de l’insurrection privilégiée par l’auteur. Le rôle déterminant qu’il attribue à la question religieuse relève de son interprétation historique.

Sources et lecture :

Lire les premiers chapitres

⚔️ Chapitres V à IX · Brest et Quiberon

Pages 53 à 131. Emprisonnement à Brest, évasion, premiers réseaux insurgés, rapports avec Puisaye et opérations de Quiberon en 1795.

Le récit suit ensuite l’« armée rouge », la mort de Tinténiac, l’affirmation du commandement de Cadoudal et les rivalités royalistes.

🤝 Chapitres X à XIII · Combats et paix fragile

Pages 132 à 192. Campagne de 1796, actions militaires, négociations et pacification, puis violences et tensions persistantes.

Le chapitre consacré aux « faux chouans » et celui sur les suites de Fructidor doivent être lus en distinguant les faits documentés des responsabilités attribuées par le narrateur.

🏛️ Chapitres XIV à XVI · De 1799 au Consulat

Pages 193 à 234. Nouvelle campagne, organisation des légions, opérations de Guillemot, débarquements d’armes et effets du 18 Brumaire.

La bataille du Pont du Loc’h, les négociations avec Brune et la rencontre entre Cadoudal et Bonaparte conduisent le récit vers la fin de la guerre ouverte.

🕵️ Chapitres XVII à XX · Répression et clandestinité

Pages 235 à 291. Relations avec les princes, mort de Julien Cadoudal, disparition de Mercier, opérations policières et attentat de la rue Saint-Nicaise.

L’auteur défend la non-implication de Georges dans cet attentat. Cette conclusion doit être présentée comme la thèse du livre et confrontée aux autres pièces du dossier.

⚖️ Chapitres XXI–XXII et documents annexes

À partir de la page 292. Conspiration de 1804, arrestation, procès, derniers moments et exécution de Cadoudal.

Les pièces justificatives commencent page 347 : actes, lettres, rapports administratifs et documents judiciaires permettent de revenir aux éléments sur lesquels repose le récit.

🔎 Quelle valeur historique ?

🗃️ Un apport documentaire réel

L’introduction cite les papiers de l’abbé Guillevic, les mémoires de Rohu, les notes de Rio et de Le Louër, ainsi que des archives publiques et privées.

L’auteur mentionne aussi l’aide de sa famille et du fils de Pierre Guillemot. Ces matériaux constituent l’un des principaux intérêts de l’ouvrage.

⚜️ Une volonté de réhabilitation

Le lien familial facilite l’accès à des documents, mais s’accompagne d’une volonté explicite de défendre la mémoire de Cadoudal.

Appréciation critique : le livre associe recherche documentaire et plaidoyer royaliste. Ses jugements sur les républicains, les princes et la politique britannique doivent être distingués des documents qu’il reproduit.

🕰️ Une reconstruction tardive

L’auteur, né après les événements, ne raconte pas sa propre expérience des campagnes révolutionnaires. Il travaille à partir de documents et de souvenirs transmis.

Pour une anecdote ou une parole rapportée, recherchez le témoin, la date du témoignage et les confirmations indépendantes. La proximité familiale ne garantit pas, à elle seule, l’exactitude de chaque récit.

📋 Comment l’utiliser pour vos recherches ?

🏡 Pour Bignan et les chefs morbihannais

Le livre apporte des pistes sur Pierre Guillemot, Jean Jan, Mercier et Sol de Grisolles, ainsi que sur les relations entre commandements locaux.

Une mention d’un combat ou d’un village peut orienter une enquête. Pour publier un fait précis, confrontez-la aux archives militaires, administratives ou judiciaires et aux études locales.

📚 Par rapport à Duchemin des Cépeaux

Les Souvenirs de la chouannerie de Duchemin des Cépeaux privilégient le Bas-Maine. Le livre du neveu de Cadoudal se concentre davantage sur le Morbihan et l’entourage de Georges.

Ils sont complémentaires pour étudier les récits royalistes, mais leur rapprochement ne remplace pas une vérification indépendante dans les archives.

✅ Appréciation d’ensemble

Un ouvrage ancien documenté, utile pour la chouannerie morbihannaise, mais engagé dans la défense de son personnage principal.

Son intérêt est particulièrement fort pour les documents reproduits, les réseaux et la mémoire familiale. Les conclusions sur les causes, les intentions et les responsabilités demandent une lecture critique et des recoupements.