Les personnages clés de la Chouannerie dans le Morbihan
Des campagnes de Bignan aux environs d’Auray, des landes de Lanvaux au pays de Melrand, la chouannerie morbihannaise repose sur des chefs militaires, des réseaux locaux et des soutiens politiques.
Cette présentation privilégie les personnalités qui ont joué un rôle dans le Morbihan. Elle distingue les acteurs des années révolutionnaires, ceux de la Petite Chouannerie de 1815 et les commandants des forces républicaines ou impériales.
Tous ne sont pas originaires du département : certains interviennent à l’échelle de la Bretagne ou lors de l’expédition de Quiberon. Les liens placés au bas des cartes permettent d’approfondir chaque parcours.
Les chefs et les foyers de la chouannerie morbihannaise
Le commandement évolue au fil des campagnes. À côté des figures les plus connues, des chefs de paroisses, de cantons et de divisions assurent l’implantation locale de l’insurrection.
⚔️ Georges Cadoudal
1771–1804 — Pays d’Auray et commandement morbihannais
Georges Cadoudal devient la principale figure de la chouannerie du Morbihan. Après son engagement dans l’armée vendéenne en 1793, il poursuit la lutte en Bretagne.
Il traite avec Hoche en 1796, puis avec Brune en 1800. Resté engagé dans la cause royaliste, il participe ensuite à une conspiration contre Bonaparte. Il est exécuté à Paris le 25 juin 1804.
🏡 Pierre Guillemot
1759–1805 — Kerdel, Bignan et ses environs
Né à Kerdel, en Bignan, Pierre Guillemot est agriculteur et participe d’abord à la vie publique issue de la Révolution. Il devient ensuite l’un des principaux chefs de l’insurrection morbihannaise.
Surnommé le « roi de Bignan », il dirige un important ensemble de paroisses insurgées. Arrêté à Plaudren, il est jugé à Vannes et exécuté sur l’esplanade de la Garenne le 5 janvier 1805.
🛡️ Sébastien de La Haye de Silz
Commandement de la chouannerie morbihannaise en 1794–1795
Sébastien de La Haye de Silz occupe une place importante dans les débuts de l’organisation militaire des chouans du Morbihan.
Chef départemental en 1794–1795, il commande notamment des hommes qui deviendront les figures majeures du mouvement : Cadoudal, Guillemot et Jean Jan. Son parcours rappelle que Cadoudal n’a pas exercé seul le commandement dès les débuts de l’insurrection.
⚔️ Pierre Mercier, dit « La Vendée »
Un commandant de la division de Vannes
Pierre Mercier, dit « La Vendée », fait partie des principaux cadres de l’armée chouanne dirigée par Cadoudal.
Il commande la division de Vannes, à laquelle appartiennent notamment les compagnies de Guillaume Gambert. Son rôle illustre l’organisation du mouvement en divisions territoriales, au-delà des rassemblements de combattants occasionnels.
🌳 Guillaume Gambert
Elven, pays vannetais et landes de Lanvaux
Issu d’une famille d’agriculteurs instruits, Guillaume Gambert succède à son frère Joseph, tué au combat en août 1794, à la tête des chouans d’Elven.
Ses compagnies rejoignent la division de Vannes de Mercier. Exilé en Angleterre pendant l’Empire, il revient combattre en 1815, accompagné de son fils aîné, également prénommé Joseph.
🌿 Jean Jan
Pays de Melrand et opérations de juillet 1795
Jean Jan est un chef chouan du canton de Melrand. Son action s’inscrit dans les réseaux insurgés de l’intérieur du Morbihan.
En juillet 1795, pendant les opérations liées à Quiberon, il commande les chouans débarqués sur la côte de Névez. La colonne traverse ensuite les environs de Pont-Aven et de Quimperlé pour regagner le Morbihan.
Les réseaux bretons et l’expédition de Quiberon
Les opérations morbihannaises s’inscrivent dans une stratégie plus large : coordination des divisions, relations avec les émigrés et recherche d’un appui britannique.
🧭 Joseph de Puisaye
Coordination royaliste et expédition de Quiberon en 1795
Joseph de Puisaye cherche à unifier les forces chouannes de Bretagne et à obtenir le soutien britannique.
Il joue un rôle majeur dans la préparation de l’expédition de Quiberon de 1795. L’échec de l’opération et les désaccords entre responsables royalistes affaiblissent son autorité auprès des chefs morbihannais.
🚩 Vincent de Tinténiac
Liaisons royalistes et opérations de Quiberon
Ancien officier de marine, Vincent de Tinténiac participe aux réseaux de l’Association bretonne et assure des liaisons entre la Bretagne et Jersey.
En 1795, il commande une division chouanne chargée de contribuer aux opérations de Quiberon. Sa colonne est détournée vers le nord de la Bretagne. Il est tué à Coëtlogon, le 18 juillet 1795.
🌲 Pierre Robinault de Saint-Régent
Nord-est du Morbihan et division de Saint-Méen
Pierre Robinault de Saint-Régent commande la division de Saint-Méen, rattachée à l’organisation chouanne morbihannaise.
Son territoire comprend notamment des paroisses des environs de Ménéac, Mauron, Lanouée et Concoret. En 1799, Cadoudal lui confie la cinquième légion : son parcours montre que les divisions insurgées dépassent les limites départementales.
Les acteurs de la Petite Chouannerie de 1815
Le retour de Napoléon pendant les Cent-Jours provoque une nouvelle mobilisation royaliste. Dans le Morbihan, elle rassemble d’anciens combattants et une nouvelle génération d’insurgés.
⚜️ Louis de Sol de Grisolles
Commandement royaliste dans le Morbihan en 1815
Louis de Sol de Grisolles dirige l’armée royaliste mobilisée dans le Morbihan pendant les Cent-Jours.
Il poursuit les opérations jusqu’à la fin de juin 1815, dans l’attente d’armes britanniques et malgré la défaite subie près d’Auray.
⚔️ Jean Rohu
Un chef engagé dans la campagne de 1815
Jean Rohu figure parmi les commandants insurgés de la Petite Chouannerie morbihannaise.
Les Archives départementales le citent aux côtés de Joseph Cadoudal et de Guillaume Gambert dans les combats de cette campagne.
⚜️ Joseph Cadoudal
Un commandant royaliste de 1815
Joseph Cadoudal appartient aux responsables militaires de l’insurrection de 1815 dans le Morbihan.
Il est cité avec Jean Rohu et Guillaume Gambert parmi les chefs combattants. Il faut le distinguer de Georges Cadoudal, exécuté en 1804.
Les commandants républicains et impériaux
Les opérations militaires et les négociations conduites par les adversaires des chouans déterminent également l’évolution du conflit dans le Morbihan.
🎖️ Lazare Hoche
Quiberon en 1795 et pacification de l’Ouest
Lazare Hoche est l’un des principaux commandants républicains engagés contre les royalistes de l’Ouest.
Il bloque les forces débarquées dans la presqu’île de Quiberon et remporte la victoire décisive dans la nuit du 20 au 21 juillet 1795. Il intervient ensuite dans la pacification et les accords conclus avec les chefs chouans en 1796.
🎖️ Guillaume Brune
La fin de la campagne de 1799–1800
Le général Guillaume Brune intervient dans la réduction de l’insurrection au début du Consulat.
Il devient l’interlocuteur militaire de Cadoudal lors de la soumission de 1800. Son action s’inscrit dans la politique de Bonaparte visant à mettre fin à la guerre dans l’Ouest.
🎖️ Auguste de Bigarré
Offensive impériale et combat d’Auray en 1815
Auguste de Bigarré commande les forces impériales engagées contre les royalistes morbihannais pendant les Cent-Jours.
Venu de Rennes, il attaque près d’Auray le 21 juin 1815 et remporte la victoire contre les insurgés.
📚 Comprendre les personnages et leurs sources
La chouannerie ne se résume pas à quelques chefs célèbres. Son fonctionnement repose aussi sur les capitaines locaux, les courriers, les hébergeurs, les prêtres et les réseaux de correspondance.
L’étude de la division de Saint-Méen montre notamment l’implication de Louise Angélique de Troussier et de son mari, Narcisse René de Béchennec, dans les communications royalistes autour de Brignac.
Pour approfondir ces parcours, il faut distinguer les documents contemporains des événements, les mémoires rédigés après la guerre et les travaux historiques. Les témoignages royalistes comme républicains expriment le point de vue de leurs auteurs et doivent être confrontés.
Cette sélection présente des acteurs majeurs et des responsables locaux documentés. Elle ne constitue pas un inventaire exhaustif des personnes engagées dans la chouannerie morbihannaise.
